27 attaques avérées de loup en 2024
dont au moins 7 sur des bovins
Ce 19 septembre, la journée annuelle du Réseau loup était organisée par le SPW sur le toit de la Belgique, à Botrange. Pour rappel, ce Réseau loup a été créé pour suivre au mieux le retour du loup en Wallonie. Il est constitué d’une liste d’experts. L’occasion de tirer un premier bilan de la situation depuis le 1er janvier.
Didier Vieuxtemps,
Conseiller Nature, Biodiversité, Chasse
Conseil, Analyse et Politique (CAP)

Les éleveurs de deux communes du Namurois ont connu une année 2024 compliquée. En début d’année, plusieurs attaques étaient recensées sur la commune de La Bruyère. L’œuvre d’un loup dispersant. Cet été, c’est l’entité de Beauraing qui a subi une série d’attaques répétées sur des bovins. Les analyses sont toujours en cours pour déterminer s’il s’agit-là d’un loup dispersant ou d’une meute qui serait en cours d’installation sur la frontière franco-belge, plus précisément dans la région de Willerzie/Hierges.
L’analyse ADN restant le meilleur moyen d’identifier la responsabilité du loup dans les attaques, il est demandé aux éleveurs de prévenir au plus vite un collaborateur du réseau loup en cas d’attaque pour maximaliser les chances de recueillir de l’ADN frais. Le numéro d’alerte loup est le 081/62.64.00.
Bilan des attaques 2024
Depuis le début de l’année, 53 attaques sur proies domestiques ont été signalées au Réseau loup. Après analyses ADN, 27 attaques sont attribuées avec certitude aux loups, 14 attaques sont l’œuvre de chiens et 12 attaques restent indéterminées. Parmi ces attaques de loup, 7 au minimum ont concerné des bovins. Ce qui pose un sérieux problème!
Bilan des indemnisations
Pour l’exercice 2023, un total de 16.225€ d’indemnités loups a été versé aux éleveurs victimes du loup. A l’avenir, de meilleurs critères de prise en compte de la valeur des animaux d’élevage devraient être repris dans la grille d’indemnisation.
Une seule meute encore reproductive en Hautes-Fagnes
Au niveau des 3 meutes de loups installées dans les Hautes-Fagne en 2023, une seule reste encore reproductive. Elle a eu une portée de 5 louveteaux. Quant aux deux autres, l’une a été anéantie suite à la mort de la louve par collision avec un véhicule et l’autre s’est déplacée en Allemagne.
Le périmètre de la zone de présence permanente est resté inchangé et est toujours de l’ordre de 60.000 ha. Pour rappel, dans le Plan loup, le financement de moyens de prévention durables n’est accessible que dans cette zone.
Il convient de relever qu’une étude s’est concentrée sur le régime alimentaire des loups en Hautes-Fagnes. L’analyse a porté sur plus d’une centaine de crottes récoltées. Il en résulte que ce sont principalement des proies sauvages à raison de 97% qui sont consommées par ces loups. Avec, par ordre d’importance, des chevreuils, sangliers, faons de cerf, lièvres… On retrouve également 3% de proies domestiques. C’est bien évidemment ce dernier pourcentage qui pose problème. En ça, les meutes des Hautes-Fagnes ne peuvent pas être comparées aux meutes des régions agro-pastorales françaises où la présence de proies domestiques est beaucoup plus importante.
Monitoring des déplacements en Wallonie et en Europe
Vu la petite superficie de la RW, il est important de suivre les déplacements des loups en totale collaboration avec les pays voisins, les loups étant capables d’effectuer de grandes distances en peu de temps. Dans ce cadre, chaque loup identifié par ADN est fiché pour assurer sa traçabilité en Europe. Il y a également un suivi des loups en Wallonie avec des pièges photographiques pour mieux comprendre et étudier leurs comportements.
Statut de protection du loup en Europe
Le statut de protection du loup n’a pas été abordé lors de cette journée, mais nous avons appris entretemps le feu vert donné par les 27 états européens pour abaisser le statut de protection du loup. Celui-ci passerait d’espèce strictement protégée à espèce protégée. Ce changement sera soumis au comité de la Convention de Berne, qui doit se réunir au début du mois de décembre, pour ratification. Cela induirait davantage de flexibilité dans la gestion de cette espèce, au vu son évolution démographique ces dernières années et des menaces importantes que cet accroissement peut faire peser sur l’élevage dans certaines régions d’Europe.
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