La détresse des éleveurs face à la FCO-3
Le regard de Marianne
Avec l’explosion du nombre d’animaux atteints par la FCO-3 cet été, les élevages ovins et bovins sont rentrés dans une des pires crises sanitaires de cette décennie. Dans les élevages, les pertes se multiplient, la rentabilité dégringole et la détresse s’est emparée des éleveuses et éleveurs wallons…

En effet, si toutes les conséquences ne sont pas encore connues ou visibles, la gravité de la situation ne fait aucun doute et le sujet était au cœur de toutes les discussions ce week-end à la Foire Agricole de Battice. Outre les constats, ces discussions mettent en exergue bon nombre de questions et d’interrogations auxquelles des réponses doivent être apportées !
Si tous les éléments de réponse ne sont pas encore connus, certains points s’éclaircissent de jour en jour et au fur et à mesure de vos retours de terrain, de vos appels, des discussions et des réunions que suivent les équipes de Gembloux.
Premièrement, même si nous avons perdu une bataille à cause de l’arrivée tardive et trop peu communiquée du vaccin, la protection des cheptels reste la priorité !
La mauvaise expérience des Pays-Bas, qui ont été confrontés à la première vague de FCO-3 en Europe, sans aucun vaccin disponible l’automne dernier, montre que malgré plusieurs milliers de foyers (plus de 50% des exploitations laitières), à la sortie de l’hiver 80% des vaches laitières néerlandaises n’avaient pas été contaminées. Ceci nous apprend que même si des cas sont détectés dans les exploitations, tous les animaux ne sont pas infectés. Cette observation souligne l’importance de poursuivre l’effort de vaccination. Si le vaccin ne protège pas de tous les symptômes et de toutes les pertes – et ne protège pas du sérotype 8 qui semble progresser en France – la vaccination permet néanmoins de réduire la mortalité et les pertes de production dans les élevages.
Un deuxième point essentiel consiste à objectiver au mieux les dommages qui peuvent l’être. Cela commence par la déclaration des foyers via vos vétérinaires. Outre le fait que ce soit une obligation, cela permet aux autorités de mesurer les dégâts. Si je pense que toutes les autorités du pays ont bien conscience de la problématique et savent que tous les élevages sont ou seront atteints, il reste important pour elles de pouvoir justifier les mesures qu’elles prendront en réponse à cette crise de chiffres.
Par contre, là où les autorités peuvent agir, c’est sur l’encadrement des foyers. Notamment concernant les exportations d’animaux au sein de l’Union européenne qui ne peuvent faire l’objets de chantage sanitaire de la part d’autres pays, pourtant dans la même situation que nous.
Pour continuer cette objectivation des pertes, il est primordial que les autres acteurs des filières nous aident dans cette démarche. Le nombre de données collectées par les laiteries, par Rendac et par les autorités est gigantesque. Face à une situation de crise, il est impérieux que ces données puissent servir à l’intérêt public.
Enfin, tous les efforts pour les semaines à venir vont être portés sur l’obtention de solutions concrètes ! Dans cette optique, la FWA, avec les autres organisations agricoles wallonnes, ont été reçues jeudi dernier par Mme Dalcq, Ministre wallonne de l’agriculture.
Mme Dalcq, avait pris le temps au préalable de rassembler le maximum d’informations à propos de ce virus, des mécanismes de transmissions et des conséquences qu’il cause dans les élevages. Forte de ces informations, nous avons apportés collégialement les ressentis du terrain puis évoqué les pistes de solutions (assurances, fiscalité, remboursement du vaccin, aides à la perte de production,…). Ces pistes doivent être travaillées en profondeur par toutes et tous ces prochains jours avant une nouvelle réunion avec la Ministre dans quelques jours.
Par ailleurs, la recherche de solutions se poursuit également au niveau fédéral, où la FWA ne manque pas de travailler afin de parvenir à mettre en place des solutions et pour répondre de manière concrète à vos questions et interpellations légitimes. Croyez-le, toutes les organisations du pays parlent d’une même voix quand il s’agit de crise de cette ampleur.
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