Leur prairie encore squattée par les gens du voyage

Provinces de Namur

Faute d’aire d’accueil public pour les gens du voyage, une famille d’agriculteurs a, une nouvelle fois, eu la désagréable surprise de voir débarquer des caravanes sur une de ses parcelles d’herbes, située aux Isnes à Gembloux. Un compromis écrit, à la rédaction duquel a activement participé la FWA, a finalement été trouvé, au terme d’une réunion tendue, pour envisager le départ de ces nomades de la route le 14 juillet. Un emplâtre sur une jambe de bois… tant que les autorités publiques ne prendront pas le taureau par les cornes.

Anne-Laure Michiels/Ronald Pirlot (avec Maureen Trussart)

Agricultrice à Bossière, Elise Denolf possède une parcelle d’herbes de 14ha aux Isnes. Chaque année, elle compte sur ce terrain pour lui procurer une herbe de qualité pour nourrir son cheptel qu’elle élève en bio. Las, ce terrain possède le double désavantage d’être bien grand et plat, mais surtout de se situer à proximité du zoning Créalys… pourvu d’arrivées électriques. De sorte que, depuis trois ans, il suscite la convoitise des gens du voyage qui viennent s’y installer en toute impunité, faute d’une aire d’accueil publique pour les accueillir officiellement.

Réunion houleuse

Ce fut une nouvelle fois le cas ce dimanche 30 juin, au grand dam de l’agricultrice. Laquelle, soutenue dans son combat par la FWA à laquelle elle est affiliée, a décidé d’interpeller le bourgmestre de Gembloux, Benoît Dispa, pour tenter de solutionner ce problème. Une réunion s’est ainsi tenue ce lundi après-midi, sous l’égide de la Ville. Elle a mis autour de la table trois représentants des gens du voyage, la famille Denolf accompagnée de Maureen Trussart (conseillère juridique de la FWA), des représentants des entreprises du zoning Créalys, le centre de médiation des gens du voyage, le bourgmestre et la police. Une réunion durant laquelle la tension est rapidement montée, avant de pouvoir aboutir à un terrain d’entente.

«Nous avons finalement pu signer au forceps une convention d’occupation précaire, avec paiement d’une modique indemnité et la promesse d’un départ des gens du voyage pour le 14 juillet, avec un état des lieux de sortie à la clé» indique Maureen Trussart.  

Compromis sur une date de départ

Un compromis qui, à défaut de solutionner le problème, permet d’entrevoir une date de sortie et d’ainsi récupérer, pour l’agricultrice, la jouissance, confisquée unilatéralement par des tiers, de son terrain. Mais pour Elise, le mal est déjà fait. «Tout est écrasé. Sans compter les déchets. L’année dernière, entre le manque d’herbes, les travaux de re-semis, et de nettoyage de la parcelle, et les vaches mortes suite à l’ingestion de canette, on estime à 15.000€ les dégâts causés par les gens du voyage» déplore Elise Denolf. «Et puis, vont-ils respecter leur parole et réellement partir d’ici deux semaines». Au moins possède-t-elle désormais un accord écrit sur lequel fonder une éventuelle action en justice, à défaut de voir les autorités communales vouloir réellement entreprendre des démarches en ce sens.

Solution pérenne exigée

«La FWA va mandater, via la DAS, l’intervention d’un expert agronome indépendant pour effectuer l’état des lieux de sortie de la parcelle (qui doit être propre et entièrement vidée de tous ses déchets) et effectuer une estimation du dégât aux cultures» ajoute Maureen Trussart. 

Reste que la situation risque encore très fort de se reproduire l’année prochaine si les autorités publiques ne décident pas, une fois pour toutes, de mettre une aire de repos officiellement à disposition des gens du voyage. Une décision qui demande une once de courage politique…

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